Archives mensuelles : décembre 2014

Lettre du mrs / Edito : Auteurs et victimes

Ordinairement, le délinquant moyen parle peu ou pas de sa victime. Bien souvent
il se considère, lui, comme la victime d’un système. Le premier article de la réforme
pénale qui définit les finalités et fonctions de la peine introduit la notion de « respect des intérêts de la victime».
On parle aujourd’hui, de justice restaurative en complément de la justice pénale. Un rapport du Conseil économique et social la définit comme un « processus dans lequel la victime et le délinquant… participent ensemble activement à la résolution des problèmes découlant de cette infraction, généralement avec l’aide d’un facilitateur».

Plusieurs pays ont expérimenté de nouvelles pratiques destinées à modifier l’attitude du délinquant à l’égard de sa victime. Au vu de ces exemples, on est en train de réaliser qu’il est possible de traiter la délinquance de manière plus efficace et plus humaine, tant pour les délinquants eux-mêmes que pour leurs victimes et la société.
Contrairement à nombre de pays voisins plus innovants, la France introduit timidement ces nouvelles pratiques par le biais de législations novatrices (médiation pénale, réparation pénale à l’égard des mineurs) ou d’expérimentations.

Ainsi sont organisés en détention, ou en milieu ouvert, sur une base volontaire, des rendez-vous « victimes, auteurs » dont le but est de proposer aux uns et aux autres un cheminement les conduisant à éprouver un sentiment d’apaisement, de réconciliation avec eux-mêmes. Ces rencontres sont réservées aux situations les plus graves.
Ne devrait-on pas aussi, pour la délinquance qualifiée d’«ordinaire», faire quelque chose ?
Tous les contentieux, quelle qu’en soit la gravité, peuvent bénéficier de cette complémentarité justice pénale / justice restaurative :

  • atteintes aux biens,
  • violences routières,
  • violences interpersonnelles notamment.

Dans l’intérêt des victimes, afin qu’elles soient moins nombreuses, et dans l’intérêt de la société tout entière, il faut en effet tout mettre en œuvre pour participer à la réduction du comportement délictuel chez le condamné, le taux de réitération restant aujourd’hui encore beaucoup trop élevé. Sans attendre que les pratiques de justice restaurative se mettent en place, comment susciter chez le condamné que nous accompagnons vers sa réinsertion, la prise de conscience de l’existence même d’une victime, quelle qu’elle soit ?

  • Si nous sommes capables de libérer la parole du délinquant sur sa victime pour une prise de conscience de la gravité de ses actes et capables de l’aider à faire face aux conséquences de ses actes.
  • Si nous parvenons à lui faire réaliser que l’infraction a eu un impact sur la victime.
  • Si nous arrivons à l’encourager à devenir responsable de son acte délictueux, principe même de la prévention de la récidive.

Alors il aura parcouru un bout du chemin vers la sortie de la délinquance.

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