Être bénévole

Témoignages

Être accueillant au mrs

Témoignage d’une bénévole, Anne

mère de 3 enfants dont l’aîné  a 31 ans
Deux diplômes : assistante sociale, école du Louvre
Accueillante au MRS depuis 2006.
… je lui ai dit « bravo »,
je l’ai félicité en ajoutant que c’était grâce à lui, à sa détermination.
Oui c’est cela le grand moment.

Est-ce très difficile de travailler au mrs avec un public de délinquants souvent lourdement condamnés ?

Au début j’étais hyper mal à l’aise. Il y avait parfois des violents dans la salle d’attente. Quand un furieux rouspétait, je n’étais pas tranquille même si j’étais bien épaulée par la présence d’un bénévole. Maintenant, après plus de quatre ans de ce bénévolat, ça va. Après m’être d’abord tournée vers d’anciens détenus ayant simplement besoin d’être conseillés pour retrouver leurs marques, j’ai eu affaire à des cas plus écrasants et même  des délinquants sexuels ou des malades dépendants de l’alcool ou de drogues au parcours très tourmenté.

Comment avez-vous été  accueillie au mrs ?

L’accueil  et l’ambiance sont excellents et c’est pour cela que je reste. L’entraide est réelle entre accueillants provenant d’horizons très différents – une source de richesse- et la formation reçue au début est de bonne qualité. Surtout, nous  disposons d’un remarquable instrument de travail, une documentation où l’on trouve tous les renseignements indispensables à la  réinsertion sociale des anciens détenus.

Quels rapports entretenez-vous avec les accueillis ?

Il faut prendre son temps, instaurer un climat de confiance, imposer des limites, ne jamais perdre de vue les bases du suivi inculquées lors de la formation : les démarches à effectuer pour trouver des solutions concernant la situation administrative, la santé, l’emploi, l’hébergement, la situation familiale souvent compliquée. Si ce mode d’emploi est respecté, si l’accueillant ne lâche rien et peut à l’occasion faire preuve de fermeté, le contact se noue ou pas.

Le bénévolat au mrs est-il gratifiant ?

Oui, le travail en équipe est gratifiant et  il l’est encore plus lorsqu’il me semble que les accueillis rencontrés au MRS utilisent à bon escient les outils que nous leur proposons pour s’en sortir. Je crois du reste que la volonté de s’en sortir d’un ancien détenu ne vient pas de moi, accueillante, mais avant tout de la personne   elle-même qui est en face de moi.  Si cette volonté  de s’en sortir est inexistante ça ne marche pas. Moi je suis là  pour orienter l’accueilli, l’aiguiller, pour lui servir de miroir, pour le féliciter quand il en a besoin, pour lui filer un coup de pouce, une chambre d’hôtel par exemple, mais  en fait c’est lui qui a tout en main.

Après plus de quatre années de bénévolat au mrs quel est votre meilleur souvenir ?

Quand dans la salle d’attente, j’ai dit au revoir définitivement à un accueilli suivi depuis pas mal de  mois, j’ai vécu un grand moment ; je n’avais plus aucune raison de le revoir. Il était sur orbite avec un travail de jardinier, un appartement T2 ; je lui ai dit « bravo », je l’ai félicité en ajoutant que c’était grâce à lui, à sa détermination. Oui c’est cela le grand moment.

Témoignage de Andrea Rosselli del Turco, 66 ans, bénévole au mrs depuis 4 ans, Président du mrs 93 en banlieue parisienne.

Pourquoi choisir une association vouée aux sortants de prison ?

Ce qui m’intéresse c’est le challenge, le défi et parce que j’ai le temps, la santé, assez pour vivre, je cherche des défis pour essayer d’être utile.

J’ai bénéficié d’une bonne formation avant d’entrer en contact avec les sortants de prison et je regrette qu’une partie de mon temps soit dédiée à des tâches administratives, certes indispensables, alors que je préfère de beaucoup les entretiens directs avec les ex-détenus. C’est le plus intéressant.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant ?

Quand on réussit à loger l’un de nos accueillis, à lui trouver un travail, quand on reçoit un merci, ce qui est rare. Alors c’est la joie.

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